Risque de destruction du parc du Belvédère : préparons-nous !

Escorté de 12 policiers et revêtu d’un gilet pare-balles (!), le préfet est venu en personne sur la ZAP le 16 juillet : photos, prélèvement de tracts, etc.
Plusieurs facteurs nous laissent penser qu’il y a un fort risque d’expulsion dans les prochaines semaines. Tenons-nous prêt·e·s !

► ► ► POUR RECEVOIR UN SMS D’ALERTE, ENVOIE UN TEXTO AU 07.51.14.58.38.

► ► ► POUR DONNER L’ALERTE OU SI TU ES TEMOINS DE MOUVEMENTS POLICIERS IMPORTANTS, CONTACTES LE 07.51.14.58.38 (c’est le même numéro que pour recevoir l’alerte).

► ► ► On a tourné une vidéo qui indique le comportement à suivre en cas d’expulsion. On en est pas peu fier·es ! Tu peux la visionner ici : https://www.youtube.com/watch?v=I8Yl3qzkXeY !

► ► ► Tu peux faire tourner cette publication 😉 ! Voici son URL : https://fetelafriche.wordpress.com/2019/07/20/493/. Merci !

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Un poing d’honneur contre leur énième plan mortifère !

 

Beffroi avec grue

En réponse à la grande parade de Eldorado, un beffroi a été érigé sur la ZAP Saint-Sauveur ce samedi 4 mai.

Ce beffroi populaire fait grandement parler de lui : ici, l’article de France Bleu intitulé « A trois jours du début d’Eldorado, quel bilan pour les différentes éditions de Lille 3000 ? » ; là, le papier de La Voix du Nord. Et pour France Info c’est ici !

Ci-dessous nous recopions l’intégralité de l’article de Elnorpadcado, et nous reprennons aussi ses photos.

« Nous occupons illégalement le Belvédère de la friche Saint-Sauveur pour barrer la route aux intérêts coalisés des beffrois de la Chambre de commerce et de la mairie de Lille. Notre Gourbi fut la première pierre de cette installation. Fait de bric, de broc et d’envies communes, il ressemble à ce que pourrait être une ville à l’image de ses habitants, modeste et créative. Aujourd’hui nous inaugurons le Beffroi de Saint-Sauveur. Comme vous le verrez, sa petitesse est rendue majestueuse par son insolence.

L’histoire raconte que Pierre Mauroy et quelques grands patrons réconcilièrent leurs beffrois respectifs dans les années 1980. Vous comprendrez, à la vue du parti pris esthétique de notre beffroi, mais aussi de son orientation, que nous entendons bien écorner le consensus économique.

Le premier beffroi lillois fut érigé à la fin du XIII° siècle au dessus de la halle échevinale, l’ancêtre de la mairie situé à l’emplacement de l’actuelle rue Faidherbe. Il fut démonté en 1601 et il faut attendre 1826 pour que le nouvel hôtel de ville situé au Palais Rihour érige le sien. Il sera lui aussi démoli en 1857. En 1921, la Chambre de commerce érige son beffroi, haut de 76 m. Puis vient en 1932 celui du nouvel hôtel de ville, culminant à 104 m de haut. Ces deux beffrois ont vocation à montrer la puissance de leurs propriétaires, celle des affaires, de l’industrie, de la politique, ici synonymes. Le phare du Beffroi de l’hôtel de ville n’a-t-il pas vocation à faire rayonner la municipalité, et par là marquer sa puissance ?

Une autre histoire des beffrois, moins grandiloquente, aurait pourtant pu s’écrire. Les beffrois étaient érigés des Flandres jusqu’en Picardie pour des raisons de défense des villes, ou plutôt des Communes. Avant d’être une simple subdivision administrative, la commune fut longtemps le symbole de l’émancipation du tiers-état face aux pouvoirs féodal et royal. Au XI° siècle, une aspiration à l’amitié collective traverse les bourgs de Picardie et du nord de la France qui se concrétise dans cette Commune. Elle s’inspire de la gestion collective des pâtures, cheptels et récoltes des communes villageoises qu’on rencontre encore dans toute l’Europe, et de Kabylie jusqu’en Inde. Derrière les enceintes fortifiées du forum, les communeux échappent au pouvoir du castrum et à ses rapports vassaliques. « Tous ceux qui appartiennent à l’amitié de la ville, proclame la Charte communale d’Aire (-sur-la-Lys) en 1188, ont promis et confirmé, par la foi et le serment, qu’ils s’aideraient l’un l’autre comme des frères, en ce qui est utile et honnête ». Les Chartes communales établissent les règles d’administration des bourgs et sont un serment entre égaux. La commune est une société de secours mutuel, une caisse d’obsèques et d’entraide qui finance à l’occasion ripailles et beuveries.

Mais le développement du commerce agricole et surtout des draperies, véritables proto-industries capitalistes, fait émerger aux XII° et XIII° siècles une nouvelle classe dirigeante. En Flandre surtout, les guildes de marchands accaparent le pouvoir communal et installent leur domination. La Charte communale lilloise de 1235 accordée par la comtesse Jeanne de Flandre prévoit le renouvellement des échevins pour éviter l’installation d’une oligarchie marchande – mais en vain. Toujours est-il que cette charte durera 600 ans jusqu’à la Révolution française, période pendant laquelle l’idée de Commune regagne en vigueur. Le gouvernement révolutionnaire de 1789 se nomme « Commune intérimaire ». Une « Commune insurrectionnelle » lui fait concurrence deux ans plus tard, emmenée par les sans-culottes et la Conjuration des Égaux du Picard Gracchus Babeuf. Enfin, l’idée de Commune ressurgira en 1871 à Paris avant d’être écrasée par les Versaillais.

Une histoire collective et fraternelle des communes et de leurs beffrois a donc existé. Nous trouvons aujourd’hui dans celle-ci de quoi défendre la friche Saint-Sauveur et réinventer la ville jusqu’au démantèlement de tout ce qui la rend littéralement invivable, à commencer sûrement par Euralille. Quand l’histoire nous écrase, celle écrite par les marchands de ville, ses directeurs de conscience et de travaux, voici peut-être le dernier geste de résistance à notre portée :

 

Erection du beffroi okMerde au consensus économique ! Vive la Commune de Saint-Sauveur ! Et vive son Beffroi !
Lille, le 4 mai 2019 »

Bricolage tous les dimanches !

Dimanche 7 avril comme chaque dimanche, on va fricher et bricoler sur la ZAP du Belvedère. Ce grand parc menacé de destruction se trouve ici, sous le métro aérien reliant Porte de Valenciennes et Grand Palais.

Histoire de se mettre en jambe et de prendre le temps de prendre le temps, on fait une petite auberge espagnole à partir de 13h !

Et puis après, c’est bricolage ! On a des chantiers en cours : terminer les toilettes sèches, solidifier le toit d’El Gourbi, peaufiner notre élégant mobilier d’assises…
On a des nouveaux projets : construction d’une scène, d’un terrain de pétanque, de balançoires, d’escaliers…
Et puis y’a tes idées aussi, tarabiscotées et démesurées qu’on est prêt·e·s à partager !
On a quelques outils sur place mais pas des mille et des cents, alors n’hésite pas à ramener tes propres outils : marteaux, clous, scies, pieds de biche (pour démonter les palettes), et si t’as de la corde aussi c’est chouette !

Et si t’as pas envie de bricoler, tu peux aussi venir discuter, jouer, te prélasser, dessiner, chanter, nous regarder bricoler… bref ZAPER ! Tout ça bien sûr si le temps est clément.

Une Zone A Protéger pour le site Saint-Sauveur


Il y a quelques jours a débuté la construction d’un lieu d’accueil pour tou·te.s les habitant·e·s revendiquant un projet alternatif d’intérêt collectif pour le site Saint-Sauveur. Chacun.e est invité·e à contribuer à l’évolution de cet espace où les habitant.e.s revendiquent leur droit à une ville soutenable et solidaire. Face au enjeux écologiques et sanitaires, la ville de Lille, la MEL et leurs promotteurs ne nous proposent que du béton, faignant de vouloir contrer l’étalement urbain… mais qui donc voudra encore vivre dans des centres métropolitains de plus en plus denses et pollués… si ce n’est ceux et celles qui n’auront alors pas les moyens de les quitter ?!

Passez, restez, embarquez vos outils!

Contactez-nous sur la page facebook de Fête la friche ou via mail : fetelafrichecollectif@gmail.com

 

Appel à la mobilisation générale, sign it!

Appel à la mobilisation générale

Les choix d’aménagements pour la friche Saint-Sauveur vont être irréversibles pour Lille en particulier et pour sa métropole en général.

300 000 m2 de construction sont prévus sur ce site avec l’arrivée de 5 000 nouveaux résidents. Est-ce réellement ce que nous voulons ?

Quelle idée de l’agglomération lilloise nous faisons-nous pour les générations à venir ?

Quels liens souhaitons-nous tisser entre quartiers, entre voisins, entre citoyens ?

Quelle place voulons-nous donner aux espaces ouverts aux rencontres, qui ne soient pas des lieux de consommation ?

Quel accueil voulons-nous offrir aux voyageurs, aux nomades, aux visiteurs, aux touristes ?

Quelles pratiques sociales, quels égards pour l’environnement, permettront aux générations futures d’avoir un monde habitable par toutes et tous ?

Nous, signataires de cet Appel, voulons apporter des réponses concrètes à ces questions en considérant que l’appropriation citoyenne de la friche Saint-Sauveur, vaste site en cœur de ville à l’abandon depuis près de 15 ans, constitue un formidable terrain de recherches et d’expérimentations.

La friche Saint-Sauveur représente une opportunité unique d’un havre de paix et, au double sens du mot, d’urbanité. Un lieu de promenade et de flânerie, favorable aux échanges de savoirs, à la diversité des pratiques sportives, aux initiatives culturelles, aux créations artisanales et artistiques. Un site écologique, paisible, avec des constructions à taille humaine, intégrant une ferme urbaine. Un lieu intergénérationnel, de mixité, de brassage. Et pourquoi pas un nouveau grand parc urbain multi-activités ? Un poumon vert comme nouveau « pôle d’attractivité » ?

Un collectif inter-associatif a porté une contribution à la phase de concertation du printemps 2015, un architecte lillois a été le premier lanceur d’alerte, le collectif Fête La Friche et l’association Labomob ont su déjà mobiliser sur le terrain des acteurs divers et nombreux, un membre du Conseil de développement de la Métropole Européenne de Lille (MEL) a analysé l’étude d’impact commanditée par la MEL.

Sur la base de ces éléments, des actions passées et à venir, nous, signataires de cet Appel, nous engageons à mettre nos forces en commun afin d’obtenir de la puissance publique une autorisation d’occupation temporaire (AOT) en amont et pendant l’aménagement du site (soit pas avant 2020 et jusqu’en 2040 au moins), en vue de proposer, à partir d’une véritable expertise d’usage, des projets alternatifs à celui imposé par la Ville sans véritables débats.

Nous considérons l’aménagement du site Saint-Sauveur comme un enjeu social, écologique, énergétique, économique et politique majeur autant pour la ville que pour son agglomération. Pour nous, pour nos enfants, nous déclarons qu’il est temps de revoir la façon de bâtir notre avenir et de façonner nos modes de vie !

Nous appelons à rejoindre cette dynamique toutes celles et ceux qui, citoyen.ne.s ou organisations, se sentent concerné.e.s, construisent, mettent en pratique des alternatives ou souhaitent simplement faire leur part.

à Lille, le 10 novembre 2016

Présentation du collectif Fête la Friche au Polder, jeudi 10 novembre 2016 à 19h

La démarche du Collectif Fête La Friche trouve son sens dans un constat simple. Depuis 2003, (cessation définitive des activités de la gare de marchandise Saint-Sauveur), les 23 hectares, réduits à 17 en 2009 depuis le rachat par la Ville de Lille à la SNCF d’une parcelle en 2009, emplacement actuel de ladite «Ferme urbaine», ne sont guère
valorisés.

En effet, les 17 ha restants proposent :
– un terrain d’accueil pour de très rares groupes de squatters
– un lieu abrité pour les usagers de drogue actifs
– un raccourci vers le Quartier de la Gare pour les habitant.e.s du
Quartier Moulins.

Visibles par tou.te.s depuis le métro aérien, ou à travers le grillage de la susdite ‘ferme urbaine’, les 17 ha ne connaissaient cependant, jusqu’à la naissance du Collectif en novembre 2015, aucun usage propice aux rencontres et échanges, à la mixité sociale, à la créativité collective.

Tout au contraire, les 17 ha demeuraient une poche spatio-temporelle d’invisibilité sociale qui interdit toute véritable « concertation » concernant le « devenir de la friche ferroviaire ».

La démarche du Collectif a un sens simple et clair : encourager le
croisement des savoir-faire de tous genres en favorisant l’accessibilité du site aux sachants de tous ordres : habitant.e.s-guides de leurs propres quartiers, usagers de tous bords, promeneuses et promeneurs en quête de sentiers moins rebattus, membres des diverses associations domiciliées alentour, résidents-squatters au long cours, résidents des foyers en mal de désœuvrement, jardiniers du dimanche et bricoleurs du samedi, herboristes patentés, enthousiastes enseignants en lycée agricole,bouillonnants étudiants en médiation culturelle, apprentis ingénieurs inspirés, architectes homologués, artistes de tous poils, etc.

D’où une attente, aussi impérieuse que consensuelle, au sein du
Collectif : sur une généreuse parcelle du site, obtenir des instances compétentes une Autorisation d’occupation temporaire (AOT) en amont des chantiers (5 ans pour le moins) et tout au long de l’aménagement global du site (au moins 15 ans).

C’est par l’expérimentation collective que nous, habitant.e.s,
approfondirons notre expertise d’usage et nous instituerons instances incontournables et obstinées d’une « concertation » concernant les différents projets d’aménagement possibles du site, lequel constitue la dernière grande réserve foncière en cœur de ville.

En bref, prendre le temps et occuper l’espace.
Déchiffrer la friche : ses ressources sociales autant qu’environnementales, sa mémoire, son avenir.
Fête La Friche Faire la friche, donc. La fêter. Non pas la défricher.

Rendez-vous au café du Polder, 250 Rue Roger Salengro, 59260 Hellemmes+ d’infos sur la page facebook

A Lille existe une friche de 23 hectares. Les élus veulent la bétonner, nous voulons respirer.